Les Marches du Pouvoir

lundi 14 novembre 2011
par  The Mocking Bird

The Ides of March. Film américain de George Clooney, avec Ryan Gosling, Philip Seymour Hoffman, Paul Giamatti.

Stephen Meyers (Ryan Gosling) est un jeune conseiller en communication travaillant pour la campagne du sénateur Morris (George Clooney) lors des primaires démocrates pour les prochaines présidentielles. Talentueux mais un brin idéaliste, il voit en Morris le candidat parfait, celui qui pourra changer le monde. Mais Stephen va vite déchanter. La politique est un sport dangereux. Une élection ne se gagne pas sans compromis. Guidé par son boss (Philip Seymour Hoffman) et tenté par le chef de campagne adverse (Paul Giamatti), Stephen va devoir faire des choix. Alors lorsqu’un scandale menace d’éclabousser son candidat, les convictions de Stephen vacillent.

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Les Marches du Pouvoir est le quatrième film du réalisateur George Clooney. S’inspirant des classiques des années 70, il signe là un thriller façon Les Hommes du Président, ou Les trois Jours du Condor. Pas de grands effets, pas de courses poursuites, mais une tension qui monte, comme un étaux qui se resserre, soulignée par une bande-son soignée d’Alexandre Desplat (le petit frenchie que tout le monde s’arrache).

La mise en scène, sobre, prend le temps de capter les atmosphères, les silences, les regards. George Clooney est de ces cinéastes qui aiment à composer leurs images. Jouant sur le cadrage, les lumières. Mais Clooney sait aussi donner la part belle à ses acteurs qu’il choisit toujours très justement, chacun s’appropriant son rôle et savourant le jeu. Ryan Gosling, décidément incontournable, montre encore une fois qu’il a tout d’un grand. A la fois candide mais ambitieux, il sait parfaitement trouver sa place au milieu des expérimentés seconds rôles. Philip Seymour Hoffman joue la vieille école, l’ami fidèle mais intransigeant. Dans le camp d’en face, Paul Giamatti, le sournois adversaire cache ses cartes. Enfin Clooney bien sûr, qui se joue de son image de beau parleur séducteur et qui apporte tout son charisme au personnage du sénateur.

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George Clooney l’a dit et répété, ce film n’est pas un film politique. Il aurait très bien pu se passer dans un autre milieu - la finance, le showbusiness... Oui, mais Clooney n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’il parle des coulisses du pouvoir, des médias et du cirque politique. Cynique George ? Un peu... Mais il ne perd pas espoir pour autant. Ainsi, ce n’est pas fortuit s’il a choisi d’incarner le candidat démocrate. Par son intermédiaire, il proclame - mine de rien - quelques unes des idées qui lui tiennent à coeur en matière de politique. Mais là, n’est effectivement pas l’essentiel. La charge politique, il l’avait déjà fait avec Good Night and Good Luck. Pas la peine de se répéter. Le film s’oriente donc bien sur un autre terrain. Celui de la loyauté, des choix, des compromis. L’idéalisme à l’épreuve de la réalité. Peut-on conquérir le pouvoir sans perdre ses illusions ? C’est le choix cornélien de tout candidat à une élection. Défendre ses idées, mais rechercher un maximum de soutien.

Ce qui intéresse Clooney au fond, bien plus que la décision, c’est le cheminement qui y mène. Le choix n’est que le bout du chemin, la fin du film. Offrant une fin suspendue à son propre film, il nous invite à choisir, avec Stephen, le chemin à prendre.


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