The Descendants

samedi 21 janvier 2012
par  The Mocking Bird

Film américain d’Alexander Payne, avec George Clooney, Shailene Woodley, Amara Miller et Nick Krause.

Hawaï, ses plages, ses surfeurs, son soleil, ses paysages... N’est-ce pas le paradis, Hawaï ? Vu d’ici, sans doute. Mais la vie, pour les Hawaïens, n’est pas si différente de la nôtre.

Matt King (George Clooney) est un grand avocat foncier. Il est aussi un des dernier grand propriétaire terrien d’Hawaï. Descendant d’une riche famille princière de l’époque de la colonisation de l’archipel, il est sur le point de conclure la vente de son patrimoine hérité, pour le plus grand plaisir de tous ses cousins qui en profiteront.

Un accident de bateau plonge sa femme dans le coma et le voilà donc obligé de rattraper son retard en matière de paternité auprès de ses deux filles, Alex, 17 ans et Scottie, 10 ans. Jusque-là assez distant, Matt va devoir se rapprocher de ses deux filles pour les aider à se reconstruire. Les choses se compliquent encore un peu plus émotionnellement pour Matt lorsqu’il apprend que sa femme le trompait...

JPEG - 78.1 ko

Alors bien sûr, dit comme ça, ça n’a pas l’air très gai. Pourtant le film est bien loin de la tragédie. Alexander Payne réussi le tour de force de nous faire rire de ce qui ne s’y prête pas. Il ne s’agit pas pour autant d’une comédie. Plutôt d’un entre-deux, une sorte d’hybride, en équilibre sur le fil ténu de la vraie vie. Payne trouve le ton parfaitement juste, celui du vrai. Parce que quoi qu’il arrive, la vie continue malgré tout.

Avec un film ancré dans la réalité, forcément, Hawaï ne ressemble en rien au paradis des cartes postales. Il fait moche parfois à Hawaï, et le tournage s’est déroulé pour une bonne moitié sous la pluie. Loin du cliché des cartes postales, le Hawaï que dévoile Alexander Payne est authentique. A la fois réel et dépaysant. Majestueux, mais proche. Il donne au film une image particulière, une tonalité qui lui est propre.

JPEG - 148 ko

Mais au-delà du décor idyllique, le film parle avant tout de ces habitants. Cet homme, qui doit se faire à l’idée de perdre sa femme. Femme qui n’était pas celle qu’il croyait. Qui lui renvoie ses propres échecs mais qu’il ne peut pas confronter. Comment en vouloir à quelqu’un qui est dans le coma ? Ces deux filles, dont les repères sont chamboulés, et la vie comme en suspens. Ces trois-là vont s’affronter, pour mieux se retrouver. Au-delà, c’est de la famille et de ce que l’on choisit de léguer à ses enfants dont parle le film.

Et les personnages sont servis par des acteurs parfaits. En premier lieu, George Clooney, qui porte le film. Mal coiffé, dépareillé, et un brin ringard, il est méconnaissable, loin, très loin des rôles de gentleman charmeur auquel on l’associe souvent (et qu’il est sans conteste hors caméra). Il est ici paumé, fragile, touchant. Il montre une vulnérabilité inédite à l’écran. L’autre belle révélation du film, c’est la jeune Shailene Woodley, qui joue Alex, la plus grande des deux filles de Matt King. Tour à tour rebelle ou attachante, elle apporte toute sa fraicheur et sa spontanéité à son rôle d’adolescente en quête d’identité.

Parmi les favoris de la course aux Oscars, The Descendants vient de remporter deux Golden Globes. Celui du meilleur film dramatique, et celui du meilleur acteur dramatique pour George Clooney. Tous deux amplement mérités.

JPEG - 245.9 ko


Commentaires