Une Nuit

lundi 30 janvier 2012
par  Ragou

Film policier français de Philippe Lefebvre avec Roschdy Zem, Sara Forestier, Samuel Lebihan.

Une nuit prend place à Paris. On y suit Simon Weiss (Roschdy Zem), commandant de police à « la mondaine », brigade spécialisée de la préfecture de police originellement affectée à la surveillance des maisons closes et qui diversifiera son champs d’action au « monde de la nuit » à la fermeture de celles-ci en 1946. Comme chaque nuit, Simon Weiss sort, son travail s’effectue apparemment énormément sur le terrain. Il est accompagné par un inspecteur qui lui sert de chauffeur lors de ses « tournées ». Ce soir se sera Laurence Deray (Sara Forestier) jeune mais non moins sérieuse inspectrice au regard calme et décidé.

De bars en clubs à hôtesses, de boites de nuits en établissements libertins, prostitués, barmans, portiers, chauffeurs, clients, noctambules, c’est tout un monde que connaît, et qui connaît, Simon Weiss. Et c’est ce monde qu’il connaît si bien (son ami d’enfance Tony Garcia (Samuel Le bihan) est un des plus gros propriétaire d’établissements nocturnes de Paris) dont il se sert pour faire son travail : démanteler des trafics de drogues, d’influences, raquettes, surveillance des bandes organisées etc… Mais ce monde et cette nuit qu’il connaît si bien pourrait très bien apporter sa fin : entre les voyous qu’il est amené à rencontrer et une hiérarchie à la préfecture qu’il devine soupçonneuse de par la liberté dans son action, c’est dans une grande paranoïa que Simon Weiss effectue cette tournée, cette nuit là…

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Une nuit est un polar efficace, bien écrit, bien joué. Les acteurs sont convaincants, Sara Forestier est peut être un peu théâtrale par moment, Samuel Le Bihan est très bien et comme à son habitude, Roshdy Zem est excellent. Mention spécial à Jean-Pierre Martins, inquiétant dans le rôle de « Jo Linder ». D’emblé, le film nous immerge dans son sujet : Paris la nuit. On roule à travers la ville, caméra embarquée dans la voiture, aux travers des rues et dédales sinueux de la capitale. Cela apporte un coté très « reportage ». On ne sait pas à quelle époque le film se passe (cela pourrait tout à fait être les années 90, 2000, aujourd’hui ?) et sachant que la brigade dite de « la mondaine » n’existe plus depuis 1975, il s’en dégage un aspect très « fantasme », très cinéma finalement. De ce fait, les endroits visités sembleront très clichés à certains : le film se passe essentiellement sur « la rive droite », autour de « la bute » : Pigalle, le 18eme arrondissement, place Stalingrad, les boulevards extérieurs nord, les puces de Saint-Ouen, Clignancourt, mais aussi Montparnasse, Châtelet, les quais de Seine. Pour qui connaît un peu Paris, on reconnaît un endroit où l’on s’est déjà assis, où l’on a discuté avec quelqu’un. Mais au-delà des clichés, cela apporte un coté très réaliste à cette enquête nocturne. Les dialogues sont bien écrits : quel que soit le type de personnage qui prend la parole (le flic, le voyou ou le civil), c’est une phrase paraissant crédible que l’on entend. Le rythme est soutenu et bien qu’au début l’aspect temporel du film (l’action se passe sur une seule nuit) peut faire un peu peur, on ne s’ennuie finalement pas.

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Pour résumer, Une nuit est un très bon film, un polar que l’on n’avait pas vu depuis longtemps. Les amateurs de ce genre seront plus que satisfaits, enfin on retrouve un semblant d’aspects de réalité dans le genre policier. On se rapproche plus des perles du genre : L627 et La Balance en tête, que du cinéma policier/action, sortie depuis quelques années. Et ça fait plaisir !


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